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DE LA COTE D'IVOIRE A L'AMERIQUE: MES PREMIERES CHOC CULTURELLES

11 septembre 2026 1 lecture

Du soleil qui refuse de se coucher à 19h aux cadences trépidantes du “time is money”, mon premier voyage aux États-Unis a d'abord été un choc des repères. Mais au-delà du dépaysement, ce séjour a surtout bouleversé ma vision du travail : j'y ai découvert qu'on n'attend pas d'avoir un diplôme pour commencer à exister, et que chaque engagement sur le terrain est déjà une vraie expérience.

Mon premier jour en Amérique a été marqué par plusieurs découvertes, notamment culturelles.

Il est 19 heures. Dehors, la lumière est si vive que l'on jurerait qu'il est à peine midi. Chez moi, en Côte d'Ivoire, la nuit tombe avec une régularité rassurante, traçant une frontière nette entre la journée et le repos. Ici, en cet été américain, le soleil refuse de s'éteindre. Ce décalage n'était pas seulement visuel, il s'est imprimé dans mon corps. Je me rappelle ces premiers soirs où, dès 18 heures, je tirais brusquement les rideaux pour fabriquer une obscurité artificielle dans ma chambre. Il me fallait feindre la nuit pour réussir à fermer les yeux, troublée par ce jour qui n'en finissait pas.


Ce choc des repères s'est vite étendu au rythme de la ville. « Time is money » : l'adage n'était plus une citation de livre, mais une réalité palpable. Tout allait plus vite, avec une efficacité presque brutale qui contrastait avec la douceur de mes habitudes.


Même dans l'assiette, le décalage s'invitait. Je cherchais désespérément des repères, me raccrochant à un morceau de poulet ou à une saveur familière qui me ramenait un instant à la maison, tout en apprivoisant des goûts totalement nouveaux.


Puis il y a eu ce moment dans la rue, juste avant une session de networking. En croisant deux hommes, presque nu et qui se tenaient la main, mon premier réflexe a été d'hésiter, de chercher du regard comment réagir. Chez moi, la scène aurait fait parler. Mais autour de nous, personne ne cillait. Les gens marchaient, indifférents, absorbés par leur propre journée. Ce non-événement a été une révélation silencieuse : la liberté des uns ne dérangeait personne, et le regard des autres s'effaçait au profit d'une coexistence tranquille.


Mais la plus grande claque est venue de la manière dont on me regardait moi. J'avais cette idée ancrée qu'il fallait accumuler des années de diplômes et de titres formels pour prétendre à une opportunité. Et là, j'ai découvert une culture qui valorise l'action brute. Ce que vous avez essayé, les projets associatifs menés à bout de bras, les heures de bénévolat, la capacité à faire, tout cela avait de la valeur.


Mon parcours — fait d'enseignements, d'engagements communautaires, de communication puis de virage vers la donnée — n'était pas une suite d'essais dispersés, c'était une trajectoire légitime.

Je suis rentrée avec la certitude que l'expérience ne commence pas le jour où l'on reçoit un bout de papier, mais le jour où l'on ose commencer. Ce voyage m'a sortie de ma zone de confort pour me renvoyer le miroir de ma propre histoire, débarrassée de mes propres doutes.


J’ai eu le sentiment qu’on accordait beaucoup d’importance à ce qu’une personne sait faire concrètement et à ce qu’elle a déjà essayé de réaliser, et pas uniquement aux diplômes qu’elle possède.

Cette expérience m’a donc aussi permis de comprendre que l’expérience ne commence pas forcément après le diplôme. Elle peut se construire pendant qu’on apprend.


La dernière phrase correspond particulièrement bien à ton parcours et à l’idée que tu veux transmettre.


Et c’est probablement l’un des aspects que j’ai le plus appréciés de mon séjour : sortir de ma zone de confort, observer, apprendre et comprendre que certaines choses que nous considérons comme « normales » chez nous peuvent être très différentes ailleurs.





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