J’ai toujours été intéressée par l’informatique. Pourtant, à l’époque, je ne pensais pas vraiment pouvoir en faire une partie de mon parcours. Mon orientation scolaire et mon parcours littéraire semblaient m’éloigner des sciences. Il y avait aussi les préjugés auxquels je faisais face à la maison. Mon père n’était pas vraiment favorable à l’idée que je m’oriente vers les sciences. Pour lui, c’était un domaine davantage réservé aux hommes. Et puis, il me trouvait trop fragile pour cela.
J’ai donc choisi d’étudier l’anglais à l’Université Félix Houphouët-Boigny, notamment parce que j’avais obtenu de bons résultats dans cette matière au lycée. Pendant longtemps, je pensais que mon parcours était déjà plus ou moins tracé. Puis, j’ai découvert une autre manière d’apprendre et de développer mes compétences : le bénévolat.
C’est ainsi qu’une année, j’ai découvert Dynafrica, une organisation qui œuvre notamment à la formation et à l’accompagnement des jeunes femmes dans les STEM. Au départ, j’y suis allée comme volontaire. Je ne savais pas encore exactement ce que cette expérience allait m’apporter. Je voulais simplement participer, apprendre et être utile. Mais plus je m’impliquais dans les activités et les formations, plus je découvrais de nouvelles choses.
J’ai notamment commencé à m’intéresser davantage à la création de contenu, à la communication et à d’autres compétences que je n’avais pas forcément eu l’occasion d’explorer à l’université. Et surtout, j’ai découvert quelque chose qui allait progressivement changer ma manière de voir mon avenir : le code.
Grâce à une formation à laquelle j’ai eu la chance de participer, j’ai pu m’initier à la programmation. Ce n’était peut-être qu’une formation parmi tant d’autres pour certains. Pour moi, c’était différent. C’était la première fois que je voyais concrètement que l’informatique pouvait avoir une place dans mon parcours, même si je venais des lettres.
Entre 2019 et 2026, j’ai eu l’occasion de m’investir dans plusieurs associations et organisations. J’ai notamment fait un passage chez AIESEC en tant que Team Member B2B. Je souhaitais y développer des compétences en copywriting et en création d’affiches publicitaires.
Mais cette expérience n’a pas été aussi simple que je l’aurais imaginé. J’étais souvent très stressée et, avec les contraintes liées à mon année de master en 2022, je ne trouvais plus vraiment de plaisir à continuer. J’ai finalement pris du recul.
Plus tard, j’ai intégré REVILA, une organisation engagée autour des Objectifs de développement durable et notamment de la protection de la nature, où j’ai exercé en tant que secrétaire générale. Cette expérience m’a permis d’apprendre à rédiger des rapports, à travailler avec différentes personnes, à organiser des activités et à prendre davantage de responsabilités.
Avec le recul, je réalise que chacune de ces expériences m’a apporté quelque chose. Certaines m’ont permis de développer mes compétences en communication. D’autres m’ont appris à travailler en équipe, à prendre des responsabilités ou simplement à mieux me connaître. Ce sont des choses que l’école ne m’avait pas forcément apprises de cette manière.
Mais parmi toutes ces expériences, c’est probablement la possibilité de coder que Dynafrica m’a offerte qui a le plus marqué mon parcours. Parce qu’elle a changé quelque chose dans ma manière de penser.
Je me suis rendu compte que l’informatique n’était peut-être pas un domaine auquel je devais renoncer simplement parce que j’avais étudié les lettres. Au contraire, je pouvais peut-être construire un pont entre ce que j’avais déjà appris et ce que je souhaitais encore découvrir.
Cette idée a progressivement trouvé sa place dans mes projets à long terme. Et peut-être que c’est là que quelque chose a commencé à changer. J’ai compris qu’un parcours n’est pas forcément figé.
On peut commencer dans un domaine et découvrir, quelques années plus tard, qu’une autre voie nous attire. On peut avoir pris une direction qui semblait définitive et pourtant découvrir de nouvelles possibilités en chemin.
Parfois, il suffit d’une rencontre, d’une formation, d’une association, d’une personne qui vous encourage ou simplement d’une occasion que l’on décide de saisir.
Aujourd’hui, je vois les associations autrement. Elles ne sont pas seulement des endroits où l’on donne de son temps ou où l’on cherche à aider les autres. Elles peuvent aussi être des espaces d’apprentissage, où l’on découvre des compétences que l’on ne soupçonnait pas avoir et où l’on rencontre des personnes capables d’influencer notre manière de penser.
Parfois, elles peuvent même devenir des endroits où l’on découvre une nouvelle direction pour son avenir. Dans mon cas, une organisation qui m’avait simplement accueillie comme volontaire m’a finalement permis d’entrevoir une possibilité que je n’avais pas suffisamment envisagée auparavant : faire une place à l’informatique dans mon parcours.
Je ne sais pas encore exactement jusqu’où cette nouvelle direction me mènera. Mais je sais aujourd’hui qu’il n’est jamais trop tard pour apprendre quelque chose de nouveau. Et surtout, qu’il ne faut pas toujours laisser notre parcours passé décider de ce que nous pouvons devenir.
Parce que parfois, le chemin que nous n’avions pas prévu est justement celui qui nous ouvre le plus de portes.
Et vous ? Est-ce qu’une association, une organisation ou une expérience de volontariat a déjà changé votre parcours ou votre vision de l’avenir ? Y a-t-il une expérience qui vous a appris quelque chose que l’école ne vous avait jamais appris ?