Mon parcours

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MAREE HAUTE

8 septembre 2026 1 lecture

Après avoir quitté mon premier emploi, j’ai traversé plusieurs années de chômage, de recherches infructueuses, d’échecs et d’incompréhensions. Entre les difficultés financières, les tensions familiales et les questions sur mon avenir, j’ai parfois eu l’impression d’être submergée. Pourtant, au milieu de cette période difficile, j’ai continué à m’accrocher à Dieu, à mes projets et à cette petite voix qui me disait de ne pas abandonner...

Après avoir quitté l’école, j’ai continué à chercher du travail. Je postulais partout où je pouvais, y compris à des postes qui ne correspondaient pas forcément à mon niveau d’études ou à mes ambitions. À ce moment-là, je voulais surtout travailler et retrouver une certaine indépendance.


Mais les réponses ne venaient pas.

Les mois passaient et je me retrouvais toujours au même endroit : sans emploi, sans revenus réguliers et avec de moins en moins de visibilité sur la suite. Ce qui était particulièrement difficile, ce n’était pas seulement le manque d’argent. C’était aussi de voir les autres avancer pendant que j’avais l’impression de rester immobile.

Je voyais des personnes de mon âge obtenir un emploi, commencer leur carrière et construire leur avenir, tandis que je continuais à envoyer des candidatures sans savoir quand une porte allait enfin s’ouvrir.


Avec le temps, j’ai commencé à voir ma situation sous un angle plus spirituel. Je passais davantage de temps à l’église et dans la présence de Dieu. C’était l’un des rares endroits où je pouvais déposer mes frustrations, mes peurs et toutes les questions auxquelles je n’avais pas de réponse.


Ma situation devenait également difficile à vivre dans ma famille.

Ma mère me voyait sans emploi, sans revenus et sans véritable stabilité. Elle s’inquiétait et me proposait régulièrement de passer des concours pour entrer dans la fonction publique. Je comprenais son raisonnement, mais je n’ai jamais réellement été attirée par cette voie.


Avec le temps, nos incompréhensions se sont accentuées. Il lui arrivait de m’insulter devant mes petites sœurs, notamment lorsque je quittais la maison de mon père pour passer du temps chez elle.

Je ne vais pas prétendre que cela ne me faisait rien. Ces paroles me blessaient. Mais je pouvais aussi comprendre une partie de sa frustration. Je devenais une charge alors que je n’étais pas réellement en mesure de contribuer aux dépenses de la maison. Lorsque je le pouvais, je donnais le minimum.


Au-delà de l’argent, je sentais cependant quelque chose d’autre s’installer : une forme de distance et de manque de respect entre mes petites sœurs et moi. Sans qu’on ait besoin de me l’expliquer directement, je comprenais pourquoi. Ma situation professionnelle influençait aussi la manière dont certaines personnes me regardaient.

Alors, je me suis fait une promesse : je ne remettrais plus les pieds chez ma mère tant que je n’aurais pas un travail ou quelque chose de concret à lui montrer. Je voulais pouvoir revenir un jour sans avoir à expliquer pourquoi je n’avais toujours pas réussi.

Avec mon père, ce n’était pas vraiment différent. Chaque fois que je lui demandais de l’aide, il finissait par m’insulter et me comparer à mes aînées. J’ai donc également décidé de ne plus lui demander. Je ne voulais plus être dans cette position où je devais constamment expliquer pourquoi je n’avais pas encore réussi.


Je voulais simplement trouver mon chemin, même si je ne savais pas encore exactement où il se trouvait.

En 2026, j’ai finalement tenté le concours de l’ENA. Je l’ai fait en partie pour faire plaisir, peut-être aussi parce qu’à ce moment-là, je ne savais plus vraiment quelle autre direction prendre.

Mais j’ai échoué.


Après cet échec, j’ai eu cette sensation de me retrouver avec encore moins de réponses qu’avant. Pendant longtemps, j’avais pensé qu’après les études, les choses finiraient naturellement par s’arranger : on travaille dur, on obtient son diplôme, puis on trouve un emploi et on commence sa vie.

Mais la réalité n’est pas toujours aussi linéaire.

Parfois, on fait tout ce que l’on pense devoir faire et pourtant, rien ne se passe comme prévu.

À ce moment-là, il ne me restait pas grand-chose. J’avais Dieu, mes projets, mes rêves et cette petite voix intérieure qui me disait de continuer. Je ne savais pas comment les choses allaient évoluer, mais je savais que je ne voulais pas abandonner.

Dieu est devenu ma consolation. Celui vers qui je pouvais me tourner lorsque je n’avais personne à qui parler, celui auprès duquel je pouvais déposer mes frustrations, mes peurs, mes incompréhensions et parfois simplement mes larmes.

Je ne savais pas encore comment mon histoire allait se terminer, mais je savais que cette période ne pouvait pas être toute mon histoire.


Aujourd’hui, je regarde ces années avec davantage de recul. Je ne raconte pas cette histoire pour accuser mes parents. Je sais qu’ils ont eux aussi leurs inquiétudes, leurs blessures et leur propre manière de voir la vie. Mais cette période m’a fait comprendre quelque chose que j’aimerais transmettre aux parents : investissez autant que vous le pouvez dans l’éducation de vos enfants.

Et l’éducation ne se résume pas à payer les frais de scolarité.

Parfois, un enfant n’a pas besoin d’argent. Il a simplement besoin d’entendre : « Je crois en toi. » Il peut aussi avoir besoin qu’on lui dise : « Je ne comprends pas encore ton choix, mais je vais te laisser essayer. »


Un jeune peut être perdu, hésitant, sans emploi, sans argent et sans savoir exactement comment son histoire va se terminer. Cela ne signifie pas qu’il n’a pas de potentiel. Il est peut-être simplement encore en train de chercher son chemin.

C’est justement dans cette période d’incertitude que le soutien des parents peut faire toute la différence. La réussite que tout le monde voit à la fin cache souvent des années de doute, de refus, de portes fermées et de moments où l’on ne savait même pas si l’on allait y arriver.


Il est donc facile de regarder quelqu’un après sa réussite et de dire : « Je savais qu’il allait réussir. » Mais la vraie question est peut-être de savoir ce qu’on lui disait lorsqu’il n’avait encore rien à montrer.

Qui croyait en lui lorsqu’il échouait ? Qui l’encourageait lorsqu’il doutait ? Qui était là lorsqu’il n’avait encore aucune preuve que ses efforts allaient porter leurs fruits ?

Parce que derrière certaines réussites, il y a des années de lutte que personne n’a vues. Et parfois, derrière ces années, il y a simplement quelqu’un qui a continué à croire, même lorsque presque plus personne ne croyait en lui.

Moi, pendant cette période où tout semblait bloqué, j’ai continué à croire en Dieu, en mes projets et en l’avenir.

C’est avec le recul que je comprends pourquoi j’ai appelé cette période « Marée haute ».

La marée haute, pour moi, représente ces moments où les difficultés montent progressivement, jusqu’à donner l’impression qu’elles vont finir par nous submerger. Le chômage, les refus, les incompréhensions, les pressions familiales, les échecs et les incertitudes s’accumulaient. Chaque difficulté semblait en amener une autre, et je ne savais plus toujours comment garder la tête hors de l’eau.

Ce n’était pas seulement une période où je cherchais du travail. C’était une période où je cherchais aussi à comprendre ce qui m’arrivait, à comprendre les autres, et parfois à me comprendre moi-même.

Mais je sais aujourd’hui que le fait d’être submergée par une période difficile ne signifie pas que l’on va rester sous l’eau pour toujours.

Parfois, il faut simplement tenir, avancer comme on peut et continuer à croire, même lorsque l’on ne voit pas encore la rive.


Et vous, avez-vous déjà traversé une période de turbulences dans votre vie, où tout semblait s’accumuler en même temps et où vous ne saviez plus vraiment quelle direction prendre ?

Si vous vous sentez à l’aise de le partager, racontez-moi votre expérience en commentaire. Peut-être que votre histoire pourra encourager quelqu’un qui traverse actuellement sa propre marée haute.

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