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MES PREMIERS PAS DANS LE MONDE PROFESSIONNEL

8 septembre 2026 2 lectures

Après mon Master 2, j’ai connu deux années d’enseignement, puis une longue période de chômage où les refus, les difficultés financières et les tensions familiales ont profondément marqué ma vie. Dans cette période d’incertitude, ma foi, mes projets et l’espoir m’ont permis de continuer à avancer. Avec le recul, je comprends que certaines périodes de silence ne signifient pas que tout est terminé. Parfois, il faut simplement apprendre à tenir jusqu’à ce que la marée remonte.

Je venais à peine de soutenir mon mémoire de Master 2 d’anglais, en Setembre 2022, lorsque j’ai reçu un coup de fil d’une école d’Angré pour une offre d’emploi dans l’enseignement.


Je me souviens encore de ce premier jour. Je commençais à peine à enseigner dans un collège et on me trouvait extrêmement jeune. Ce jour-là, j’avais mis une robe assez basique qui, avec le recul, n’était probablement pas la tenue la plus professionnelle pour un premier jour de travail.


Lorsque le directeur m’a appelée dans son bureau, il m’a regardée et m’a dit :

« Jeune fille, nous avons reçu cela de vous. »

Il faisait allusion à mon CV.

J’ai simplement acquiescé de la tête.

Le directeur des études et l’ensemble de l’administration m’ont ensuite présentée aux autres membres du corps professoral. Je devais prendre les classes de Seconde, de 5e et de 6e.


Lorsque je suis entrée pour la première fois dans la classe de Seconde, les élèves se sont mis à chuchoter.

« Vraiment, c’est elle la nouvelle prof d’anglais ? »

« Elle est jeune, elle doit certainement être de notre promotion. »


Ils étaient davantage concentrés sur mon physique que sur ce que je leur disais. Ce premier jour, j’avais décidé d’être douce. Je me suis présentée et je leur ai expliqué que j’allais être leur professeure d’anglais pendant l’année.


Puis j’ai entendu de voix basse :

« Elle va nous enseigner quoi sur l'Anglais? »

« Elle est mignonne hein, je vais la draguer en fin d'année. »


Jusque-là, je faisais comme si je n’entendais rien. Mais intérieurement, je savais déjà que je devais changer de stratégie.

Pour le reste de l’année, je suis devenue beaucoup plus stricte avec cette classe. Je devais leur imposer le respect, le calme et un cadre de travail. Je n’hésitais donc pas à faire sortir de la classe les élèves qui perturbaient le cours.


Avec les plus jeunes, les classes de 6e et de 5e, j’étais beaucoup plus douce.


Ces premiers mois m’ont beaucoup appris. Je découvrais ce que signifiait réellement être responsable d’une classe, préparer des cours, gérer différents profils d’élèves et trouver la bonne manière de transmettre un savoir.

Je comprenais aussi qu’être jeune dans le monde professionnel pouvait parfois être un défi en soi. Il fallait constamment montrer que, malgré mon âge, j’étais capable d’assumer les responsabilités qui m’avaient été confiées.


Pendant deux années consécutives, j’ai continué à enseigner.

C’est vrai que je n’avais pas le permis d’enseigner, mais j’avais les compétences nécessaires pour dispenser ces cours, raison pour laquelle j’avais été recrutée.

Au-delà de l’enseignement, cette expérience représentait pour moi une première véritable immersion dans le monde professionnel. Après plusieurs années d’études, j’avais enfin la possibilité de mettre mes connaissances en pratique et de gagner ma propre expérience.


Mais avec le temps, certaines choses ont commencé à changer.

Certaines conditions qui m’avaient été présentées au départ n’étaient pas celles que je retrouvais dans la réalité. Certains comportements, certains manques de respect et certains abus de la part de l’administration scolaire devenaient de plus en plus difficiles à tolérer.


J’ai essayé de m’adapter. J’ai essayé de continuer.

Mais il arrive un moment où l’on comprend qu’un environnement ne nous correspond plus et qu’il faut savoir partir.

Après deux années consécutives, j’ai donc finalement décidé de me retirer.

Alors, je suis partie.

À ce moment-là, je pensais simplement tourner une page de ma vie professionnelle. Je pensais que, comme après toute expérience, une autre opportunité finirait par arriver.

Je ne savais pas encore que quitter ce poste allait ouvrir une période complètement différente de ma vie.


Une période où je chercherais du travail sans en trouver, où je remettrais beaucoup de choses en question et où je serais confrontée à des difficultés que je n’avais pas anticipées.

Avec le recul, je réalise que mon premier emploi ne m’a pas seulement appris à travailler.


Il m’a appris à prendre ma place, à poser des limites, à faire face aux regards des autres et à comprendre que toutes les expériences professionnelles ne sont pas forcément faites pour durer.

Mais surtout, il m’a appris qu’un départ peut parfois être le début d’une histoire dont on ne connaît pas encore la suite.


Et cette suite, je ne l’avais absolument pas prévue.

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