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ON NE LACHE RIEN

11 septembre 2026 2 lectures

Entre refus de céder aux sous-métiers et détermination absolue, voici le récit d'une journée de recherche d'emploi à la Djibi (Angré). Entre propositions indécentes, frais injustifiés et petites déceptions, une seule certitude demeure : on ne lâche rien.

Ce 10 septembre 2026, je me suis réveillée avec une énergie particulière. Un mélange de ras-le-bol et d'une détermination presque féroce. J'en avais marre. Marre d'attendre, marre de rester sans emploi, marre de voir le temps filer sans pouvoir agir.


Les mots d'une amie proche me revenaient en boucle. Elle m'avait dit un jour : « Ne te limite pas à l'administration. Ne méprise aucun secteur, même ceux que certains qualifient de "sous-métiers". L'essentiel, c'est de ne pas rester sans ressources. Un travail propre, un travail digne, peu importe sa nature, c'est ce qui te sauvera. » Elle avait raison. Il n'y a pas de sot métier, il n'y a que de la dignité.


Alors, mon CV en main et le cœur battant, je suis descendue sur le terrain. Direction la Djibi, du côté d'Angré. Mon objectif était simple : faire le tour des restaurants fast-food et des boulangeries pour trouver un poste de serveuse.

Premier arrêt. Un jeune patron et une serveuse m'accueillent. – « Vous avez de l'expérience ? » me demande le patron. – « Non, mais ne vous inquiétez pas pour ça, je suis très chaleureuse avec les clients ! » répondis-je avec tout le dynamisme dont j'étais capable. Il me propose un salaire de départ de 50 000 FCFA, justifiant ce montant par le fait qu'il fallait tout m'apprendre. J'ai dit oui sur le moment, puis j'ai demandé mon chemin. Mais au fond de moi, le compte n'y était pas. 50 000 FCFA ne suffisaient même pas à couvrir mes charges du mois.


Deuxième arrêt. Un autre restaurant. Je m'adresse au responsable. Même question : « Avez-vous de l'expérience ? » Même réponse de ma part. Cette fois, on me propose 10 % de plus que dans le premier établissement. Je commence à réfléchir, à peser le pour et le contre. Puis vient le dérapage. – « Nous pouvons trouver un compromis... Je vous trouve belle, je vous invite à prendre un pot. »


J'ai acquiescé poliment pour couper court, mais je savais très bien où il voulait en venir. Je n'y suis jamais allée. Pas question de brader ma dignité. J'ai abandonné cette piste sur-le-champ.


Troisième arrêt. La boulangerie d'à côté. Là-bas, le discours change : pour être placée, il faut payer 30 000 FCFA de frais de dossier. En échange, un poste payé entre 70 000 et 80 000 FCFA, avec un démarrage proposé à 70 000 FCFA. Payer 30 000 FCFA alors que je galérais déjà à mort ? Où étais-je censée trouver une telle somme ? Et au-delà de l'argent, au plus profond de moi, je sentais que ce n'était pas ma voie. J'ai décliné et je suis rentrée chez moi.


Je suis rentrée un peu désespérée, c'est vrai... mais pas abattue. Pas totalement.

Ce soir-là, j'ai posé mes affaires, j'ai respiré un grand coup et j'ai prié. J'ai prié avec la foi silencieuse mais tenace que quelque chose d'inattendu allait se produire. Parce qu'abandonner n'est pas une option. On ne lâche rien.

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